jeudi 18 juin 2009

I. MINIATURE DE L’ÉVANGÉLIAIRE DE CHARLES LE CHAUVE

La miniature représentant Charlemagne entre les deux papes Gélase et Grégoire Ier dans l’évangéliaire de Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, est caractéristique de l’art du livre carolingien tout en présentant une iconographie politique significative de l’Empire carolingien. Réalisée en pleine page sur parchemin, elle est constituée d’une scène centrale surmontant l’inscription Excelsa voce entourée d’une bordure très ornée à motifs végétaux. Le personnage central, Charlemagne, est représenté de façon frontale, tandis que les deux papes, tenant chacun un livre, le regardent.
Cette scène s’inscrit dans un programme politique caractéristique de l’Empire carolingien, soucieux d’affirmer la nature à la fois temporelle et spirituelle du pouvoir impérial. Les drapés, la dignité de personnages stéréotypés et le traitement très libre des couleurs renvoient au modèle des icônes byzantines, par lesquelles se transmet le souvenir du pouvoir impérial antique ; le rapport au sacré est également très fort : c’est directement par la main de Dieu sortant des nuages au-dessus de la scène que Charlemagne reçoit la couronne, tandis que les deux papes ne font que confirmer la scène avec des gestes d’approbation. La scène illustre ainsi la volonté de Charles le Chauve de tirer profit de ce prestigieux ancêtre, dans une perspective dynastique.


II. PLAQUE DU CHANCEL DE SAINT-PIERRE-AUX-NONNAINS DE METZ

Le chancel de Saint-Pierre-aux-Nonnains de Metz, daté de l’époque carolingienne, est un des principaux témoignages de la sculpture du Haut Moyen Âge. Constitué de plusieurs plaques sculptées sur pierre, il avait pour fonction de délimiter dans l’église l’espace réservé aux clercs, ce qui est caractéristique de l’aménagement liturgique du haut Moyen Âge. L’une des plaques les plus connues du chancel représente un végétal sinueux aux feuilles en forme de cœur sortant d’un pot : il s’agit d’un arbre de vie, motif d’origine oriental qui témoigne de l’importance de la circulation des modèles dans l’Europe carolingienne, par exemple à travers des tissus. Ce motif, purement décoratif comme c’était souvent le cas à l’époque, est entouré d’une frise reprenant des motifs végétaux similaires et est réalisé en méplat, une technique de sculpture jouant des contrastes lumineux entre un premier plan portant le motif souligné par un travail de gravure et un fond laissé dans l’ombre. De nombreuses interrogations subsistent autour de ce chancel, que ce soit au niveau de sa datation précise, de sa disposition originelle ou d’une éventuelle polychromie.

à suivre

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